Mythes et Légendes

 

 

Parmi les Mythes et Légendes de l'acupuncture en France on peut citer celui des points d'acupuncture dits : "Fenêtres du Ciel".

 On ne compte plus les acupuncteurs célèbres qui ont mentionné, dans un de leur ouvrages, ce groupe de points dont la fonction serait de faciliter la montée de l'Energie "vers le Haut du corps". (Bien qu'aujourd'hui on parle plutôt de "réguler" ou "disperser" un trop plein d'énergie dans la tête).

 

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Le problème c'est que les dictionnaires de Médecine Traditionnelle Chinoise, de même que les Classiques de l'Acupuncture Traditionnelle, ignorent totalement ce groupe de points. Il n'y a pas de groupe de points "Fenêtres du Ciel" hors de France (encore que certains acupuncteurs américains, tels Jeremy Ross et Giovanni Maciocia, se sont laissés séduire par ce concept). "Fenêtre du Ciel" est tout simplement la traduction française du point TR-16 : Tian you.

Dans ce cas, me dira-t-on, pourquoi autant d'acupuncteurs français renommés ont-ils cités ce groupe de points dans leurs ouvrages, allant même jusqu'à souligner son importance ? La réponse peut certes surprendre : c'est tout simplement parce que chacun a répété, sans vérifier dans les Traités, ce que le précédent disait.

C'est au Docteur Bernard Auteroche, dont il est utile de rappeler qu'il lisait le chinois ancien dans le texte, que l'on doit d'avoir enquêté sur le sujet et démontré l'inexistence d'un tel groupe de points dans les Classiques de l'Acupuncture Traditionnelle. A la lecture de cette étude, publiée dans la revue Folia sinotherapeutica, il démontre que le groupe de points appelés "Fenêtres du Ciel" fait son apparition pour la première fois dans une traduction française du Ling Shu par Chamfrault et Ung Kan Sam et ne se retrouve dans aucun des textes originaux du Ling Shu ni chez aucun des commentateurs chinois. Il s'agirait donc d'un rajout de Chamfrault ou de son traducteur.

Mais le problème ne s'arrête pas là car dans ses explications, Chamfrault a associé deux paragraphes bien distincts du Ling Shu (chapitre 21) alors que le grand commentateur Zhang Jie Bin a bien souligné, dans son Lei Jing (Classique des Catégories), que ces deux paragraphes traitaient de sujets différents. D'où une confusion entretenue depuis des années par certains acupuncteurs qui présentent les cinq, voire dix points en cause, comme favorisant la montée du Qi vers la tête alors que leur fonction, d'après les Classiques, est de disperser la Plénitude de Qi dans la tête.

L'argument qui prétend que ces points formeraient un groupe à part parce qu'ils comprennent l'idéogramme Tian (Ciel) dans la composition de leur nom ne tient pas puisque les points Ren ying et Fu tu sont considérés comme appartenant à ce groupe. De plus les points Tian chong (VB 9), Tian quan (MC 2) et Tian ding (GI 17) ne sont pas, eux, intégrés dans ce groupe alors qu'ils contiennent bien l'idéogramme Tian.

Maintenant, pour ce qui est de faire descendre un trop plein d'énergie de la tête, on peut bien admettre que l'utilisation de points tels que Ren ying (E 9) et Tian zhu (V 10) assurent une efficacité certaine... de même que bien d'autres points d'acupuncture comme Yong quan (R 1) et Tai chong (F 3).

Les acupuncteurs qui souhaiteraient recevoir une copie de l'enquête du Docteur Bernard Auteroche peuvent m'adresser une demande par courrier en joignant quatre timbres. Prévoir un mois pour la réponse.